Cadran analemmatique
du Monastère Royal de Brou
à Bourg-en-Bresse (01)

Devant l'église, a été tracé un cadran solaire analemmatique. Son origine remonte à la construction de l'église au début du XVI° siècle, il devait servir à indiquer l'heure aux bâtisseurs.
ll se présente sous la forme d'une ellipse de 11 m 50 sur 8 m 30, divisée par vingt quatre pierres carrées sur lesquelles sont gravées les heures; au milieu une dalle de 3 m 85 de long et de 90 cm de large sur laquelle on déplace un stylet selon la date indiquée.
La projection de l'ombre indique l'heure solaire.

Voici un article ci-dessous de Yvon Massé paru dans la revue Astronomie n°51 d'octobre 2007 décrivant l'historique de ce cadran analemmatique :

"Le plus ancien cadran de ce type se trouve devant l’église de Brou à Bourg-en-Bresse. Il est généralement admis qu’il fut installé lors de la construction de l’église demandée par Marguerite d’Autriche au début du XVIe siècle. Les circonstances de son origine et le nom de son réalisateur sont tombés dans l’oubli ; cependant, depuis plus d’un siècle, on trouve de nombreux écrits qui attribuent la paternité de ce cadran à André Colomban, architecte de Dijon. Aucune preuve, toutefois, n’a pu étayer cette affirmation et l’existence même de ce personnage tiendrait de la légende…
L’astronome Joseph Jérôme de Lalande naquit en 1732 à Bourg-en-Bresse et il eut, dans son enfance, plusieurs occasions de remarquer le cadran de Brou. Constitué de briques recouvertes d'un vernis vitreux, il avait pendant plus de 2 siècles subi des agressions de toutes sortes, notamment le passage des voitures et des hommes. Aussi,craignant de le voir disparaître, décida-t-il en 1757 de le restaurer à ses propres frais, en pierre, tout en l’installant tout contre la façade de l’église, devant le porche.
La même année, il fit paraître une démonstration de son principe dans les Mémoires de l'Académie Royales des Sciences avec pour introduction : « Ce problème est un des plus compliqués de toute la gnomonique, […] ». Peu satisfait de sa démonstration, il en donna une seconde qu’il qualifia de « bien plus simple » à l'article “Cadran de l’Encyclopédie Méthodique” dont les premiers volumes parurent en 1783.
Vers la fin du XIX° siècle, de violents orages entraînèrent la chute de pierres provenant de l’église et le cadran de Brou fut endommagé de nouveau à un point tel qu’une seconde rénovation s'avéra nécessaire. Elle fut menée à bien en 1902 par l’entrepreneur Chanut qui jugea prudent d’éloigner le cadran de la façade de l’église tout en gardant les dimensions retenues par Lalande. Il prit aussi l’initiative de relier les dalles horaires par un bandeau de pierre où furent gravées les indications des demi-heures et des quarts d’heures. Enfin, il rajouta autour de l’échelle des dates la courbe en 8 de l’équation du temps.
Celle-ci doit être considérée comme une simple indication car la position de l’observateur ou du porte-ombre doit toujours être sur la ligne du petit axe. "
Yvon Massé dans l'Astronomie n°51 - octobre 2007

 

 

Vue d'ensemble du cadran analemmatique (0105301-1) situé devant le porche du Monastère Royal de Brou.

 

 

Vue rapprochée du cadran analemmatique avec en son centre la dalle des dates et son style droit sur trépied.

 

 

Vue rapprochée de la dalle des dates et son style droit sur trépied.

 

 

Vue sur la dalle centrale avec le style droit que l'on place sur la date correspondante, et la courbe en 8 de l'équation du temps :

 

 

 

 

 

Vue des dalles horaires reliées par un bandeau de pierre où furent gravées les indications des demi-heures et des quarts d’heures.

 

 

 

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Dernière mise à jour : 1er janvier 2009